Quand le chauffage reprend, deux gestes protègent l’air de la maison : faire entretenir chaque année les appareils à combustion et aérer au moins dix minutes par jour, même par temps froid. C’est le message que Santé publique France répète à chaque saison de chauffe, car c’est à ce moment que se concentrent les intoxications au monoxyde de carbone.
- Environ 3 000 personnes sont intoxiquées chaque année en France par le monoxyde de carbone, et une centaine en meurent (Santé publique France).
- Plus de 75 % des intoxications surviennent pendant la période de chauffe.
- Les gestes clés : entretien annuel par un professionnel, aération quotidienne, bouches d’aération jamais bouchées, chauffage d’appoint deux heures de suite au maximum.
- Maux de tête, nausées, vertiges chez plusieurs personnes à la fois : aérer, arrêter les appareils, sortir et appeler le 15, le 18 ou le 112.
Pourquoi le risque augmente-t-il à l’automne ?
Le monoxyde de carbone (CO) se forme quand un combustible brûle mal : gaz, bois, charbon, fioul, butane, propane, essence ou pétrole. Une chaudière mal réglée, un conduit encrassé ou un appareil utilisé dans une pièce close suffisent. Or l’automne réunit tout cela : on rallume des installations restées éteintes six mois et on ouvre moins les fenêtres.
Santé publique France le chiffre : plus de 75 % des intoxications sont observées en période de chauffe. Les coupures d’électricité, les vagues de froid et les redoux font aussi grimper les chiffres.
Pourquoi ce gaz est-il si dangereux ?
Le CO est incolore, inodore, sans saveur et non irritant. Selon le communiqué de Santé publique France de novembre 2025, une intoxication grave peut provoquer en quelques minutes un coma, voire un décès.
Les ordres de grandeur méritent une précision. Le communiqué de novembre 2025 parle d’environ 3 000 personnes intoxiquées accidentellement chaque année et d’une centaine de décès. La page thématique de l’agence, plus ancienne, évoque « près de 4 000 intoxications » par an. Les deux ne comptent pas la même chose sur la même période, d’où l’écart d’un article à l’autre.
Quels appareils sont en cause ?
Santé publique France distingue quatre grandes familles de causes, souvent évitables :
- les appareils raccordés à un conduit (chaudière, chauffe-eau, poêle, cheminée) mal entretenus ou mal réglés ;
- les appareils mobiles mal utilisés : chauffage d’appoint, brasero, barbecue, groupe électrogène, pompe à eau à moteur thermique ;
- les voitures dont le moteur tourne dans un local non ventilé, comme un garage ;
- plus largement, tout appareil qui brûle un combustible.
Un point souvent ignoré : les plaques de cuisson, le four ou un réchaud à gaz ne doivent jamais servir à se chauffer. Et un groupe électrogène ou un barbecue ne se place pas non plus près d’une porte, d’une fenêtre ou d’une bouche d’aération, même à l’extérieur.
Quels gestes adopter dans le logement ?
Le premier geste est l’entretien. Santé publique France demande de faire vérifier et entretenir au moins une fois par an, et avant toute remise en route, les installations de chauffage, de production d’eau chaude et les conduits de fumée par un professionnel qualifié. La consigne vaut aussi pour les résidences secondaires.
Pour les chaudières gaz, fioul, bois ou charbon d’une puissance de 4 à 400 kW, cet entretien annuel est une obligation fixée par le décret du 9 juin 2009. Il revient en général à l’occupant, donc au locataire, sauf clause contraire du bail ; une chaudière collective relève du propriétaire ou du syndic. Le professionnel remet une attestation dans les quinze jours, à conserver au moins deux ans.
Pour les appareils mobiles, la règle tient en trois points : respecter la notice du fabricant, n’utiliser que le combustible prévu, et ne pas faire fonctionner un chauffage d’appoint à combustion plus de deux heures de suite.
Combien de temps aérer quand il fait froid ?
Santé publique France recommande d’aérer les pièces au moins dix minutes par jour, même par temps froid. Le guide de l’ADEME pour passer l’hiver au chaud donne la même durée et ajoute un conseil d’économie : fermer les radiateurs avant d’ouvrir les fenêtres. Santé.fr parle de 5 à 10 minutes, hiver comme été.
Ouvrir grand pendant quelques minutes renouvelle l’air sans refroidir durablement les murs ni les meubles. Laisser une fenêtre entrouverte toute la journée chauffe surtout l’extérieur. Il faut aussi aérer pendant et après le ménage, la cuisine ou le bricolage.
La ventilation ne remplace pas l’aération, et inversement. Les bouches, grilles d’aération et la VMC doivent rester propres, en état de marche et jamais obstruées, y compris pour gagner un peu de chaleur. Santé.fr précise qu’une ventilation, à elle seule, ne suffit pas à renouveler l’air : seule l’ouverture des fenêtres le permet vraiment.
| Geste | Fréquence | Référence |
|---|---|---|
| Entretien chaudière, chauffe-eau, conduits | 1 fois par an et avant remise en route | Santé publique France, décret du 9 juin 2009 |
| Aérer en ouvrant grand les fenêtres | Au moins 10 min par jour, même en hiver | Santé publique France, ADEME |
| Chauffage d’appoint à combustion | 2 heures de suite au maximum | Santé publique France |
| Bouches d’aération et VMC | Toujours dégagées, entretenues régulièrement | Santé publique France, ministère de la Transition écologique |
Purificateur, plantes, détecteur : que valent-ils ?
Plantes « dépolluantes » et purificateurs d’air ont la cote. Selon Santé.fr, leur efficacité n’a pas été prouvée en conditions réelles d’utilisation. L’aération reste la seule méthode reconnue.
Le détecteur de monoxyde de carbone est un autre sujet. Il n’est pas obligatoire dans les logements, contrairement au détecteur de fumée imposé depuis 2015, même si des propositions de loi déposées en 2024 visent à le rendre obligatoire. S’il est choisi, la norme de référence est la NF EN 50291. Il complète l’entretien et l’aération, il ne les remplace pas.
Quels signes doivent alerter, et que faire ?
Les premiers signes sont souvent des maux de tête, une grande fatigue, des nausées, des vomissements ou des vertiges. Ils doivent alerter s’ils apparaissent vite, en présence d’un appareil à combustion, et s’ils touchent plusieurs personnes ou animaux du même lieu en même temps.
La conduite à tenir diffusée par Santé publique France :
- aérer immédiatement en ouvrant portes et fenêtres ;
- arrêter les appareils à combustion si c’est possible ;
- quitter les lieux et appeler le 15 (Samu), le 18 (pompiers), le 112 (numéro d’urgence européen) ou le 114 pour les personnes sourdes et malentendantes.
Santé publique France indique aussi un centre antipoison joignable 24 h/24 au 01 45 42 59 59. Une hospitalisation peut être nécessaire.
Cet article a une vocation d’information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé ni le diagnostic d’un chauffagiste qualifié. En cas de doute sur un symptôme, appeler le 15.
À lire aussi : les salons bien-être de l’automne 2026. Les crèches sont soumises à une surveillance réglementaire de la qualité de l’air intérieur, révisée au 1er janvier 2023 : un critère à garder en tête pour leur équipement, comme les couchettes Wesco destinées aux crèches.
Sources : Santé publique France, communiqué de novembre 2025 ; Santé publique France, données de surveillance ; Santé.fr, aérer son logement ; ADEME, guide pour passer l’hiver au chaud ; ministère de la Transition écologique, qualité de l’air intérieur ; décret n° 2009-649 du 9 juin 2009.
Questions fréquentes
Faut-il aérer même quand il fait très froid ?
Oui. Santé publique France et l’ADEME recommandent au moins dix minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes, même en hiver. Fermer ou baisser les radiateurs pendant ce temps limite la perte de chaleur.
Qui doit payer l’entretien de la chaudière dans une location ?
Pour une chaudière individuelle, l’entretien annuel revient en général à l’occupant, donc au locataire, sauf clause contraire du bail. Pour une chaudière collective, c’est au propriétaire ou au syndicat de copropriété de l’organiser.
Un détecteur de monoxyde de carbone est-il obligatoire ?
Non, il n’est pas imposé dans les logements, contrairement au détecteur de fumée. S’il est installé, il doit répondre à la norme NF EN 50291 et ne dispense ni de l’entretien annuel ni de l’aération quotidienne.
À retenir
- Le monoxyde de carbone est invisible et inodore : seule la prévention protège.
- Entretien annuel des appareils et conduits par un professionnel, avant la remise en route.
- Aération quotidienne d’au moins dix minutes, bouches d’aération jamais bouchées.
- Symptômes partagés par plusieurs personnes près d’un appareil : aérer, sortir, appeler le 15, le 18 ou le 112.
